Une prise de poids ou une stagnation, alors même que l’on tente de perdre le superflu en limitant les apports caloriques, peut avoir bien d’autres raisons que l’alimentation. Et dans ce cas, vous l’avez compris, pas la peine de vous affamer : cela n’y fera rien. Ce qu’il faut, c’est déterminer la cause de ce dérèglement et y remédier.

Il y a des moments dans la vie où l’on a beau faire attention à ce que l’on mange, faire du sport et se tartiner de crème minceur, rien à faire : les kilos pris récemment ou progressivement au fil des années restent en place, sans même un frémissement de la balance ! Et tandis qu’on se demande ce qui peut bien nous empêcher de mincir, on se focalise sur les quelques douceurs occasionnellement autorisées en se demandant si, elles aussi, il va falloir les supprimer. Faire attention à sa ligne, oui, mais les privations, point trop n’en faut : qui sait, vos poignées d’amour n’ont peut-être rien à voir avec votre alimentation, ou résultent simplement de mauvais choix d’aliments…

Voici quelques facteurs pouvant être en cause dans la prise de poids ou l’enrayement du processus de perte de poids, car les kilos ne sont pas qu’une question de calories ingérées : ils dépendent également de facteurs physiques et psychologiques.
Pour commencer, prenez-vous la pilule ?
Les données disponibles ne permettent pas de conclure à un effet propre de la pilule sur le poids, même si certaines femmes rapportent une modification de l’appétit ou une rétention d’eau. Cette rétention, qu’elle soit liée à la pilule ou à une alimentation trop riche en sel, peut faire « gonfler » et donner l’impression d’une prise de poids qui n’est autre qu’un excès de stockage d’eau dans l’organisme — vaisseaux et tissus. Si vous remarquez un gonflement anormal de certaines parties de votre corps, et notamment des chevilles et des pieds, ou une sensation de lourdeur… parlez-en à votre médecin, qui pourra identifier clairement les causes de ce gonflement et vous conseiller un traitement. Et si la prise de poids reste inexpliquée, c’est aussi vers lui qu’il faut vous tourner.

Le stress
Le stress est déjà accusé d’être responsable d’angoisses, de dépression et de tout un panel de maux tant physiques que psychologiques, eh bien, il peut aussi jouer un rôle dans nombre de prises de poids, même si les mécanismes les plus précis, comme celui du NPY, restent à l’étude. Et l’on connaît bien, hélas, le réflexe qui consiste à s’enfiler le pot de Nutella pour compenser une journée stressante ; mais le stress agit aussi par d’autres voies, plus discrètes — l’appétit, le sommeil, les choix alimentaires. On gagne donc beaucoup à se débarrasser du stress, ce qui est loin d’être facile, certes, mais nécessaire !
Pour commencer, pensez au sport, à la relaxation, au yoga… il existe toutes sortes d’activités adaptées au tempérament de chacune et qui peuvent aider à évacuer le stress et les problèmes du quotidien…
Les mauvais acides gras
Vous commencez probablement à le savoir, tous les gras ne se valent pas : certains sont bons pour la santé (en quantité raisonnable) et plus doux avec notre ligne, d’autres sont responsables du mauvais cholestérol et pour beaucoup dans l’augmentation des risques de maladies cardio-vasculaires.
Parmi les gras à limiter, il y a d’abord les acides gras trans d’origine industrielle, nés de la transformation des huiles végétales que l’on modifie par hydrogénation, en général pour les faire passer d’un état liquide à un état solide : ce qui était à l’origine des huiles végétales ne conserve plus les qualités de l’huile végétale d’origine. Et il n’y a pas qu’eux : les acides gras saturés, même lorsqu’ils ne sont pas hydrogénés industriellement, contribuent eux aussi à l’élévation du LDL-cholestérol et sont à limiter.
Préférez donc assaisonner et cuisiner avec des huiles végétales que vous pourrez varier (noix, colza, olive, tournesol, noisette…) et méfiez-vous des pâtisseries, gâteaux, biscuits apéritifs… : souvent très gras, et parfois fabriqués à partir de graisses partiellement hydrogénées — pensez à vérifier la mention d’huiles partiellement hydrogénées dans la liste des ingrédients !
De même, d’une manière générale, il s’agit de faire le bon choix entre des aliments qui nous semblent identiques et qui, pourtant, n’agissent pas de la même manière lors de leur assimilation. C’est notamment le cas des céréales complètes et des céréales raffinées : les secondes ont souvent un indice glycémique élevé et peuvent déclencher un pic d’insuline lors de leur assimilation, là où les premières le font en général moins — l’index glycémique variant selon le type de céréale et son degré de transformation. De plus, elles sont assimilées rapidement, ce qui peut favoriser les fringales davantage qu’avec des céréales complètes, d’ailleurs plus fibreuses, donc bénéfiques au transit.
Une fatigue importante sans cesse accumulée
Un manque de sommeil peut jouer un rôle dans la faim et, chez certaines personnes, dans la prise de poids, même si les effets varient beaucoup d’un individu à l’autre. C’est donc, là encore, un point essentiel pour la santé et pour la ligne : dormez suffisamment et, si votre nuit a été courte et que vous en avez l’occasion, pensez à la petite sieste de l’après-déjeuner.
Flore intestinale chamboulée
Là encore, les recherches explorent le rôle du microbiote dans la régulation du poids et l’assimilation des calories, mais les données ne permettent pas encore de conclure de façon définitive. En effet, de nombreuses bactéries sont présentes au niveau de l’intestin, mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, certaines de ces bactéries sont bénéfiques. Or, dans les hypothèses étudiées, lorsqu’il y a accumulation de « mauvaises » bactéries au détriment des « bonnes » (un peu simplifié, certes, mais cela résume l’importance d’une flore intestinale en bonne santé), une prise de poids plus ou moins importante pourrait survenir alors même que la quantité de calories ingérées reste la même.
Face à un déséquilibre de la flore intestinale, certaines approches visent à favoriser un microbiote équilibré et diversifié, plutôt que d’éliminer directement des bactéries indésirables. Pour cela, certains aliments peuvent aider, et notamment les artichauts, les oignons, les endives, les aliments riches en fibres…
D’ailleurs, aujourd’hui on parle beaucoup des probiotiques : les probiotiques sont des micro-organismes vivants ; leur intérêt pour un microbiote équilibré et diversifié reste étudié, sans conclusion définitive à ce jour.
Quant aux bifidobactéries, souvent citées elles aussi pour une flore intestinale en bonne santé, on les trouve notamment dans certains produits laitiers sous l’appellation bifidus.
N’oublions pas non plus les médicaments : si votre poids évolue sans explication, parlez-en à votre médecin, qui pourra aussi passer en revue vos traitements en cours.
Enfin, un dérèglement thyroïdien fait partie des causes que peut rechercher votre médecin face à une prise de poids inexpliquée. En cas de doute, n’hésitez pas à le consulter.
En pratique, retenez ceci : avant de vous lancer dans des semaines de restriction, faites le tour des causes possibles — sommeil, stress, sel, graisses transformées, médicaments. Un gonflement inhabituel, une fatigue qui s’installe ou une prise de poids inexpliquée méritent l’avis d’un professionnel de santé, plutôt que de s’affamer en silence.





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