L'oubli de pilule, on connaît toutes : un réveil en retard, une plaquette laissée en voyage, et voilà la petite pilule du matin qui passe à la trappe. Et comme toutes les pilules ne réagissent pas de la même façon à un oubli, mieux vaut savoir laquelle vous prenez : les pilules œstroprogestatives combinées — souvent appelées « microdosées » — tolèrent un oubli allant jusqu'à 12 heures ; au-delà, la protection n'est plus assurée et il faut utiliser un préservatif et envisager la contraception d'urgence en cas de rapport non protégé. Les pilules microprogestatives (progestatives seules), elles, doivent être prises à une heure bien plus fixe : pour la plupart d'entre elles, passé 3 heures d'oubli, vous n'êtes plus protégée ; pour le désogestrel, ce délai est de 12 heures.

Suite à vos témoignages relatifs à nos précédents articles sur la contraception et la grossesse, nous avons bien compris que si la pilule est un bon moyen de contraception, choisie d'ailleurs par la plupart d'entre vous, elle a toutefois un inconvénient de taille : elle s'oublie ! Oubli de quelques heures ou oubli de quelques jours, on ne sait pas toujours comment réagir — alors on suit les conseils d'une copine, d'une maman, ou on fait au hasard en espérant que ça marche juste pour cette fois ! Voici donc quelques conseils à suivre en cas d'oubli de votre contraceptif, pour choisir la bonne solution. Et en cas de furieux doute, n'oubliez pas qu'il reste la contraception d'urgence : parlez-en sans tarder à votre pharmacien ou à un professionnel de santé, qui vous indiquera la solution adaptée à votre situation.

Vous prenez une pilule microprogestative (progestative seule) et vous l'avez oubliée au-delà du délai toléré

Pour la plupart des microprogestatives, ce délai est de 3 heures ; pour le désogestrel, il est de 12 heures. Vous risquez une grossesse si vous avez eu un rapport sexuel après l'expiration de ce délai (ou si vous ne prenez pas la pilule dans les temps). Il faut alors compter sur un autre moyen de contraception, le préservatif restant le plus sûr.

Une main tient une plaquette de pilule microprogestative près d'une montre, dans la lumière du matin
Prise à heure fixe : le rendez-vous quotidien des microprogestatives

Si le rapport a eu lieu après l'oubli de votre pilule — et passé ce délai —, la contraception d'urgence doit être envisagée sans tarder, et pensez à vous protéger par la suite ! En cas de doute, votre pharmacien ou votre médecin saura vous orienter.

Vous prenez une pilule œstroprogestative combinée (souvent dite « microdosée »)

En règle générale, une pilule combinée tolère un oubli allant jusqu'à 12 heures ; au-delà, la protection n'est plus assurée et il faut utiliser un préservatif pendant 7 jours, et envisager la contraception d'urgence en cas de rapport non protégé.

Une jeune femme avale sa pilule avec un verre d'eau dans une cuisine lumineuse
Douze heures de marge : la fenêtre à connaître pour la pilule combinée

Vous l'avez oubliée, mais sans dépasser le délai que tolère votre pilule ? Là, pas de quoi s'affoler : la protection reste en principe assurée, à condition de ne pas enchaîner les oublis, bien sûr !

Vous l'avez oubliée au-delà de 12 heures ? Là, en revanche, les choses changent : votre protection n'est plus assurée et il faut passer au préservatif. La conduite à tenir dépend du type de pilule et du moment de l'oubli dans la plaquette — c'est précisément le genre de question qu'il vaut mieux poser à son médecin, sa sage-femme ou son pharmacien plutôt que d'improviser. Et si un rapport non protégé a eu lieu entre-temps, il faut penser à la contraception d'urgence sans tarder.

Si vous avez oublié votre pilule durant plusieurs jours et ne désirez pas la reprendre ce mois-ci — pour une raison ou pour une autre —, protégez-vous à l'aide d'un autre moyen de contraception et voyez avec un professionnel de santé comment repartir du bon pied.

Si vous avez eu des rapports après ce délai d'oubli, la grossesse reste possible : il est alors conseillé de recourir à la contraception d'urgence, et d'en parler sans attendre à un professionnel de santé.

Vous avez oublié de reprendre votre pilule après l'arrêt de 7 jours

Après l'arrêt de 7 jours, le délai toléré pour reprendre une pilule œstroprogestative combinée est de 12 heures, comme le rappellent les recommandations officielles. Au-delà, la protection n'est plus assurée : comptez une protection complémentaire par préservatif pendant 7 jours, et voyez avec votre médecin, votre sage-femme ou votre pharmacien comment reprendre votre pilule dans les meilleures conditions. Dans tous les cas, une contraception d'urgence doit être envisagée en cas de rapport non protégé : demandez conseil à un professionnel de santé pour choisir.

Une plaquette de pilule et un préservatif posés sur une table de nuit en lin
Reprise après la pause : la protection complémentaire en renfort

Si votre oubli de reprise reste dans les 12 heures tolérées, la protection devrait être assurée — le mieux est d'en parler à votre pharmacien pour en avoir le cœur net. En cas de doute sur le temps écoulé ou sur la conduite à tenir, parlez-en à votre pharmacien ou à un professionnel de santé, qui vous indiquera la solution adaptée à votre situation.

Enfin, petit rappel utile : en cas de vomissements ou de diarrhées dans les 3 heures suivant la prise de votre pilule, celle-ci peut ne pas avoir été correctement absorbée. C'est un incident qu'il vaut mieux signaler à votre médecin, votre sage-femme ou votre pharmacien, qui vous dira quoi faire. D'où l'intérêt d'avoir une plaquette de rechange dans laquelle vous viendrez piocher en cas d'incident de ce genre.

Budget

Côté budget, la pilule reste l'un des contraceptifs les plus accessibles : elle se délivre sur prescription et, en France, les contraceptifs remboursés sont pris en charge par l'Assurance Maladie, la plupart des mutuelles complétant la différence. Le reste à charge dépend donc surtout de votre couverture et du type de pilule prescrit. La contraception d'urgence, qui doit toujours faire l'objet d'un avis professionnel, peut elle aussi bénéficier d'une prise en charge. Le réflexe utile, ici, n'est pas de calculer, mais d'en parler à votre médecin, votre sage-femme ou votre pharmacien.

Sources

  • Assurance Maladie — ameli.fr, rubrique Contraception
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)
  • Haute Autorité de Santé (HAS) — recommandations sur la contraception
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF)