On n’est pas là pour vous faire la morale, et pour cause, probable que dans le tiroir de ma salle de bain patiente bien gentiment un lisseur céramique tandis que j’hésite encore entre mèches miel et colo chocolat pour mon RDV coiffeur de mercredi prochain…
Seulement voilà, lorsqu’on choisit de tels « traitements », on se doit d’assurer les soins par la suite, faute de quoi interdiction de se plaindre des fourches, des cassages et des transformations en paille de la fibre capillaire !

Voici donc quelques conseils « SOS cheveux » pour prendre soin de ses cheveux au mieux malgré les mauvaises habitudes.
Je lisse mes cheveux (très) régulièrement
Les risques : le lisseur chauffe à une température « extrême » de manière à ce que la fibre du cheveu se lisse et que les écailles se resserrent, pour permettre aux cheveux, même frisés, d’afficher un lissage impeccable. Et tandis que les lisseurs se perfectionnent et promettent, à coups de plaques céramiques, d’ions et de réglage de température, de garder la fibre capillaire intacte, nous, on vous dit coquette mais pas crédule : c’est inévitable, une telle chaleur à même le cheveu finira quoi qu’il arrive par l’abîmer.

Résultat, après plusieurs mois d’utilisation, les cheveux s’assèchent, des fourches apparaissent et ils commencent à se casser tout en étant de plus en plus difficiles à coiffer.
Pour éviter les drames capillaires et les coupes forcées, on commence par mettre la main sur un lisseur raisonnable. Parce que non, il n’empêchera pas que le cheveu s’abîme, mais il sera quand même bien plus indulgent qu’un lisseur bas de gamme qui chauffe à 200 °C ! On choisit donc un lisseur à plaques céramiques et dont la puissance de chauffe n’excède pas 180 °C.
On pense à bien protéger ses cheveux : masques avant et après-shampooing s’imposent et, surtout, on investit dans un sérum protecteur sans rinçage qui agit avec la chaleur — de plus en plus de marques proposent de tels produits.
Dernière chose : on vous parle peut-être de lisseurs fonctionnant également sur cheveux mouillés, faites la sourde oreille, un lisseur ne s’utilise jamais sur cheveux mouillés ni même humides, au risque de les brûler ! Pré-séchez parfaitement vos cheveux puis procédez au lissage. Terminez par un nuage de laque ou une noisette de crème protectrice sur les longueurs et les pointes si cela vous semble nécessaire.

Je suis une accro du brossage et je n’y vais pas de main morte
Les risques : on aime se brosser les cheveux, et le brossage a même ses avantages — il « décolle » les cheveux, aère les racines, répartit le sébum et élimine les poussières. Mais effectué trop souvent et de manière trop agressive, il finit par épuiser le cheveu jusqu’à la racine, régulièrement tirée par le brossage, provoquant cassures intempestives voire chutes de cheveux au bout de quelques années.

Là encore, il s’agit tout d’abord de s’armer du bon matériel. Ni brosse en fer, ni brosse synthétique, mais une brosse en poils naturels, de sanglier par exemple, qui permet d’éviter trop de cassures et l’électricité statique par la même occasion.
Si vous avez une tendance aux cheveux trop plats, brossez-les la tête en bas et, d’une manière générale, commencez par éliminer les nœuds au niveau des pointes pour éviter qu’ils ne s’accumulent et s’amplifient — risque du brossage commencé par les racines.
Lorsque vous dénouez un nœud, maintenez bien la mèche que vous travaillez un peu avant la racine pour éviter de la solliciter exagérément.
Enfin, évitez de brosser les cheveux lorsqu’ils sont mouillés et allez-y avec douceur, n’oubliez pas qu’ils sont vivants et parfois fragiles…

J’abuse du défrisage
Les risques : nombreuses sont celles qui les connaissent et qui en ont fait les frais, il n’y a qu’à parcourir les conversations sur Internet à propos du défrisage pour comprendre qu’il s’agit là d’une pratique très agressive pour le cheveu. Le fait est que les produits défrisants pénètrent le cheveu jusqu’à en modifier la nature, de manière à ce que même les cheveux les plus crépus prennent l’apparence de cheveux lisses. Mais le défrisage finit par rendre les cheveux extrêmement cassants et, lorsqu’en plus on le combine à des brushings, des tissages ou autres coiffures nécessitant de tirer sur les cheveux, apparaissent d’importants risques de pertes de cheveux !

Pour commencer, si on tient vraiment au défrisage, on se fixe des limites : pas plus de deux par an, et on préfère confier « l’opération » à un bon coiffeur plutôt que de la faire seule avec des produits défrisants parfois très agressifs.
Évitez de combiner au défrisage colorations et balayages qui, eux aussi, sensibilisent et assèchent le cheveu. Enfin, ne zappez pas la case soin, seul moyen de conserver de beaux cheveux — et on ne vous parle pas du masque qui ferait soi-disant effet en une minute chrono, mais des bains d’huile et soins « maousse costauds » à laisser poser une demi-heure minimum pour que la fibre capillaire s’imprègne.
Mes cheveux gras m’obligent à les laver tous les jours
Les risques : on déconseille souvent les shampooings trop fréquents, que l’on accuse de sensibiliser et d’assécher le cheveu. C’est parfois le cas, mais une nuance toutefois : les shampooings ont aussi leurs bienfaits, puisqu’ils éliminent le trop-plein de sébum qui asphyxie le cuir chevelu et qui pourrait, à terme, être responsable de chutes de cheveux.
Donc si vous avez le cuir chevelu gras, il est important de laver vos cheveux dès qu’ils vous paraissent excessivement gras, le tout étant de choisir un shampooing non agressif — certains font pire que mieux : gare aux pellicules causées par les shampooings trop asséchants.
Pour choisir votre shampooing, demandez conseil à votre coiffeur ou allez piocher parmi les marques spécialisées dans le cheveu : René Furterer propose par exemple de très bons produits, de même que les marques Opalis et Phyto.

Colorations et balayages sont mes péchés mignons
Les risques : qu’elles soient permanentes, et donc avec ammoniaque, ou semi-permanentes à renouveler souvent, les colorations agressent le cheveu d’une manière générale, de même que les décolorations nécessaires pour effectuer un balayage. Résultat : les cheveux s’assèchent, se cassent et commencent à devenir difficiles à coiffer, sans compter que leur apparence n’est plus ce qu’elle était — moins brillants, moins lisses même après le coiffage, ils se rapprochent plus de la paille que de la texture soyeuse.

Là encore, il s’agit d’être raisonnable : on évite la surenchère de colorations, les superpositions parce que la précédente ne vous plaisait pas et que l’actuelle vous fait un teint blafard. On attend minimum un mois entre chaque colo, en sachant que les balayages, lorsqu’ils sont bien faits, permettent parfois d’attendre deux à trois mois avant une nouvelle séance coiffeur, le résultat étant plus naturel et les racines moins marquées.
Ensuite, on soigne ses cheveux au quotidien : soins nourrissants et sublimateurs de couleur pour éviter qu’elle ne passe trop rapidement. Et quelques jours avant et après la colo, on prévoit quelques bains d’huile qu’on laisse poser toute la nuit avant le shampooing pour permettre un résultat optimal. L’huile de palme Leonor Greyl est un exemple d’excellent bain d’huile, en sachant qu’il en existe bien d’autres.
Moi, c’est brushing sinon rien
Les risques : ceux du brushing sont à peu de choses près les mêmes que ceux du lissage, la chaleur du sèche-cheveux étant agressive et fragilisante. Les cheveux sont donc rapidement abîmés, cassants et secs, ils deviennent de plus en plus difficiles à coiffer ; d’ailleurs, ça se voit, les brushings sont de plus en plus laborieux et le résultat de moins en moins joli.
Pour commencer, l’accro du brushing que vous êtes doit surenchérir sur les soins — bains d’huile, shampooings nourrissants et compagnie vont devenir les meilleurs amis de vos cheveux éprouvés. Ne zappez jamais le soin avant de réaliser un brushing, et adoptez le sérum avant brushing qui va les protéger le plus possible de la chaleur.
Enfin, investissez dans un sèche-cheveux proposant plusieurs températures de chauffe, dénichez-vous une brosse ronde en poils naturels plus respectueuse de la fibre capillaire, et ne collez jamais l’embout du sèche-cheveux à la mèche que vous travaillez : observez une distance minimum de quelques centimètres pour éviter de brûler le cheveu.
Ah nous les femmes ! Pleines de contradictions, on rêve de beaux cheveux forts et brillants, en bonne santé et aussi « neufs » qu’à l’époque de l’école primaire, mais on enchaîne les colos, lissages, défrisages, balayages, brushings et brossages agressifs. Puis, lorsque les premières fourches apparaissent, on mise sur un masque réparateur qu’on rechigne tout naturellement à laisser poser plus de cinq minutes, « ben hé, pas qu’ça à faire hein ! ». Et tout ça, on le sait, mais difficile de résister à ces techniques spécial domptage de crinière qui nous promettent couleurs plus lumineuses, cheveux plus coiffables, look plus sympa…
Budget
Côté budget, comptez environ 30 à 60 € pour un lisseur céramique d’entrée de gamme avec réglage de température, et plutôt 80 à 200 € pour un modèle à chauffe contrôlée qui affiche précisément le degré. Un sèche-cheveux correct, avec plusieurs températures et un embout concentrateur, se situe entre 40 et 120 €. Pour les soins, masques et sérums protecteurs des marques de cheveu (René Furterer, Phyto, Leonor Greyl…) démarrent souvent autour de 15 à 25 €, et grimpent selon la contenance et la concentration. Les bains d’huile peuvent aussi bien s’acheter tout faits que se préparer soi-même — une huile végétale simple (argan, coco, olive) coûte souvent moins de 10 € en magasin bio. Côté salon, une coupe entretien et un brushing tournent généralement autour de 30 à 60 € selon la ville, et les prestations coloration entre 50 et 120 € : un budget à ne pas négliger quand on multiplie les rendez-vous.
Sources
- Société française de dermatologie — informations grand public sur le cheveu et le cuir chevelu.
- Inserm — dossiers sur la biologie du cheveu et le cycle pilaire.
- ANSES — recommandations sur les produits cosmétiques et la coloration capillaire.





Commentaires
Votre avis compte : notez l'article, réagissez et répondez aux commentaires.
Les commentaires sont modérés ; les commentaires assistés par IA sont signalés. Les émoticônes texte (8-), :-), <3…) s'affichent en images automatiquement.