Votre bébé

À ce terme, les chances de survie sont élevées, mais une naissance prématurée peut nécessiter une prise en charge médicale ; la maturation des organes, notamment des poumons, se poursuit. Il commence à ressembler à un bébé tel qu’on l’imagine : la graisse s’accumule sous sa peau, qui perd son aspect plissé et, en même temps que bébé devient potelé, le lanugo, un fin duvet qui recouvre son corps, disparaît peu à peu au même titre que le vernix, cette substance blanche et grasse qui protège sa peau in utero.

Votre enfant mesure désormais aux alentours de 45 cm de la tête aux pieds et pèse environ 2,4 kg.

En vue de l’accouchement, l’enfant s’est, en principe, positionné tête en bas — on parle de présentation céphalique. Il a moins de place pour gigoter, avec les bras croisés sur la poitrine et les jambes repliées. Notez que ça ne l’empêche pas de donner des petits coups que vous sentez passer, et parfois une petite bosse qui se dessine sous vos côtes !

Son poids commence à se faire sérieusement sentir sur votre bas-ventre. La descente dans le bassin peut survenir plus ou moins tôt ; elle est souvent précoce lors d’une première grossesse et peut être plus tardive, parfois pendant le travail, ensuite.

De votre côté, vous vous sentez lourde et ce n’est rien de le dire : vous ressentez tiraillements et tensions, voire des douleurs dans le bas-ventre, qui s’expliquent par l’élargissement progressif de votre bassin, lié au relâchement de ses articulations, en vue du passage du bébé.

Femme enceinte d'origine asiatique allongée sur le côté, entourée de coussins, dans un salon lumineux.

Pour compenser le poids de votre ventre, votre colonne vertébrale s’est courbée davantage, vous êtes en quelque sorte cambrée et vous avez mal au dos tandis que vos déplacements sont de plus en plus laborieux.

En plus de cela, vous êtes fatiguée mais vous pouvez éprouver des difficultés à dormir, notamment du fait de l’inconfort de la situation… et de quelques angoisses ?

Qui dit neuvième mois dit dernier examen prénatal obligatoire. On va vérifier que la fin de grossesse se passe bien : on contrôle le développement du bébé et le volume de l’utérus, on vérifie la position du bébé et on estime son poids, on mesure votre tension artérielle, on recherche d’éventuelles protéines dans les urines… bref, on s’assure de la bonne santé du bébé et de la maman. On parle aussi de l’accouchement : le projet de naissance, la péridurale, le rendez-vous avec l’anesthésiste, le retour à la maison.

Jeune femme enceinte noire assise, mains posées sur son ventre, dans une lumière douce.

C’est le moment pour vous de préparer votre valise pour la maternité et le trousseau de bébé. De même, assurez-vous que sa chambre est prête à l’accueillir et que tout est en ordre à la maison. Quant à la chambre, inutile qu’elle soit parfaite. Un lit aux normes avec un matelas ferme et ajusté, pas d’oreiller, une température autour de 19 °C : voilà l’essentiel. Le reste peut attendre.

Femme enceinte sud-asiatique en consultation avec une sage-femme noire dans un bureau lumineux.

Pas toujours facile de savoir quand partir pour la maternité. Il n’est pas rare de ressentir des contractions irrégulières qui ne signifient pas pour autant qu’il est temps. Donc pas la peine de se précipiter à la maternité à la première contraction : vous risqueriez d’être renvoyée chez vous le temps que le travail commence réellement, ou plus tard.

Soyez attentive à votre état. Généralement, avant même que le travail ne commence, il n’est pas rare de ressentir des signes avant-coureurs comme quelques nausées, une grosse fatigue et bien sûr la perte du bouchon muqueux. Quelques précisions quant à ce dernier : le bouchon muqueux est une glaire qui « bouche » le col de l’utérus tout au long de la grossesse. Sa perte n’indique pas le début du travail, à la différence de la perte des eaux. La perte du bouchon muqueux est un signe possible de l’approche du travail, mais elle peut survenir dans les jours ou les semaines qui précèdent l’accouchement, voire pendant le travail ; elle ne permet pas à elle seule de dire que l’accouchement est imminent. Beaucoup de futures mamans ne s’en rendent même pas compte : pas d’inquiétude à avoir, donc.

Vos contractions commencent à être régulières ? C’est que le travail commence tout doucement. Là encore, pas de précipitation, surtout s’il s’agit de votre premier accouchement : il peut s’écouler des heures entre ces contractions et l’accouchement en lui-même. Elles vont tout d’abord se rapprocher, devenir de plus en plus longues et douloureuses. Notez bien le temps qui s’écoule entre deux contractions dès lors qu’elles deviennent régulières.

En revanche, s’il ne s’agit pas de votre premier accouchement, mieux vaut partir pour la maternité dès que les contractions deviennent régulières : le deuxième accouchement est généralement bien plus rapide que le premier.

Quant à vous, les primipares, soyez attentives. Les contractions semblent vous saisir tout le bas du ventre, jusqu’aux reins ; elles montent en intensité progressivement pour atteindre un pic et redescendre pour quelques minutes d’apaisement. Vous sentez votre ventre se durcir à chaque contraction. Le travail a commencé. C’est le moment d’appliquer vos techniques de respiration apprises en cours de préparation : essayez de vous détendre et de relâcher vos muscles plutôt que de vous raidir.

En pratique, la maternité vous donnera des consignes personnalisées ; partez quand les contractions deviennent régulières et rapprochées selon ses indications. En revanche, la perte des eaux est le signal qu’il faut partir immédiatement pour la maternité, peu importe la régularité des contractions ou même si vous n’en ressentez pas. La poche contenant le liquide amniotique protège votre bébé de l’extérieur ; il est important de se mettre en route dès qu’elle est percée.

Une fois arrivée à la maternité, le corps médical vous prend en charge et vous guide : vous voilà déjà un peu rassurée. On mesure la dilatation de votre col. S’il n’est encore que peu dilaté, vous serez installée dans une chambre le temps que les contractions fassent leur œuvre. Il faut savoir que c’est la dilatation du col de l’utérus qui est l’étape la plus longue lors d’un accouchement. La durée est très variable : l’expulsion peut prendre de quelques minutes à plus d’une heure, et la dilatation est souvent plus longue pour un premier accouchement.

Durant ce travail de dilatation, une sage-femme viendra contrôler régulièrement la progression du travail et l’état de votre bébé. Si vous n’avez pas encore perdu les eaux, la poche peut se rompre spontanément à un moment variable du travail ; si nécessaire, l’équipe peut décider de percer la poche.

Une fois en salle d’accouchement, vous vous laisserez guider par le corps médical qui vous dira quand pousser et quand vous reposer, comment respirer, etc.

Une fois l’enfant expulsé, intervient « la délivrance » : c’est le placenta qui se décolle de l’utérus pour être évacué. Vous ressentirez alors quelques petites contractions, mais rien de comparable aux précédentes. Si la délivrance n’intervient pas naturellement, c’est la sage-femme qui s’en chargera. Après quelques heures sous surveillance, vous retournerez dans votre chambre en compagnie de votre bébé.

À savoir : la péridurale permet à la maman de vivre son accouchement en toute conscience, puisqu’elle n’anesthésie que la partie inférieure du corps. Certaines ressentent encore quelques sensations, d’autres plus rien tant que l’anesthésie fait effet. La péridurale se prépare, puisqu’elle doit être effectuée par un anesthésiste et nécessite au préalable quelques examens.

Il s’agit d’injecter un produit anesthésiant au niveau du bas du dos, entre la 3e et la 4e vertèbre lombaire. Cela dit, selon les maternités et les équipes, la péridurale est posée à un moment variable du travail ; elle peut être mise en place lorsque le travail est installé, parfois autour de 3 cm de dilatation, mais ce seuil n’est pas général. Si vous envisagez la péridurale, renseignez-vous auprès de votre maternité bien avant l’accouchement pour connaître les formalités et examens à suivre.

Maintenant, une chose importante : une douleur, un doute, une sensation inhabituelle — vous pouvez en parler à l’équipe qui vous suit. Les équipes de maternité sont là pour répondre à vos questions, même lorsque tout va bien. C’est aussi cela, bien commencer la rencontre.

On termine en souhaitant beaucoup de bonheur et un bel accouchement à toutes les futures mamans ! Vous voilà donc dans votre neuvième mois de grossesse, une grossesse qui touche à sa fin, ce qui n’est pas pour vous déplaire ! Si jusque-là vous vous sentiez plutôt en forme, désormais la fatigue commence à vous peser, tout comme ce gros bidon qui vous encombre un peu. Pas de honte à en avoir marre, d’ailleurs bébé aussi commence à se sentir à l’étroit ! La perspective de voir votre bout de chou vous enchante tout autant que celle de l’accouchement vous effraie. Qui dit neuvième mois dit arrivée de bébé imminente : il vous faut donc fignoler vos préparatifs, mais aussi vous reposer en prévision du gros effort qu’il vous faudra fournir.

Sources