
Une opération programmée, une cure de chimiothérapie, quelques jours passés en service de médecine… et puis, alors que rien ne laissait présager quoi que ce soit, une infection se déclare. Elle n'était pas là à l'admission. C'est précisément ce que l'on nomme aujourd'hui une infection associée aux soins — l'expression qui a remplacé « infection nosocomiale » dans le vocabulaire officiel.
Bonne nouvelle : certains germes multirésistants, dont le SARM, reculent nettement. Moins bonne : ce recul, aussi réel soit-il, ne dispense pas du geste le plus simple de tous, se laver les mains.
De quoi parle-t-on exactement ?
Une infection associée aux soins se manifeste pendant ou après une prise en charge. Cela vaut pour l'hôpital, la clinique, l'EHPAD, mais aussi le domicile, quand des soins infirmiers y sont prodigués. Les localisations les plus courantes restent les poumons, les voies urinaires et les plaies opératoires.
Côté bactéries, trois noms reviennent régulièrement dans les analyses : Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa et Staphylococcus aureus. Le staphylocoque doré résistant à la méticilline, le fameux SARM, est justement celui qui recule le plus nettement en France depuis une quinzaine d'années.

Ce que disent les données
L'enquête nationale de prévalence de 2017 publiée par Santé publique France estimait que de l'ordre de 5 % des patients hospitalisés présentaient une infection associée aux soins le jour de l'enquête — soit environ une personne sur vingt. Ce niveau était globalement stable par rapport aux enquêtes précédentes, tandis que certains germes multirésistants, dont le SARM, poursuivent leur baisse. Les données actuelles suggèrent donc que les plans de prévention successifs ont contribué au recul de certains germes multirésistants, sans pour autant régler la question.
Deux précisions utiles pour comprendre qui fait quoi. D'abord, l'Institut de veille sanitaire a été intégré à Santé publique France en 2016 : c'est désormais cette agence qui pilote la surveillance. Ensuite, le ministère de la Santé a décliné un programme national de prévention des infections et de l'antibiorésistance pour la période 2022-2025. Le suivi des infections liées aux dispositifs invasifs — cathéters, sondes urinaires, sondes d'intubation — s'appuie quant à lui sur le réseau SPIADI, mis en place au début des années 2020, qui a pris la suite de RAISIN.

En pratique, les gestes qui changent la donne
- La friction hydro-alcoolique. Paume contre paume, entre les doigts, les pouces, le bout des doigts, jusqu'à ce que les mains soient sèches. Avant et après chaque contact avec un patient ; pour les visiteurs, à l'entrée comme à la sortie du service.
- Ne pas « bricoler » un pansement, une perfusion ou une sonde. Ces gestes restent réservés aux soignants, avec des règles d'asepsie précises.
- Parler. Une fièvre, une diarrhée, une toux ou une plaie qui suinte : le signaler permet à l'équipe d'adapter la prise en charge, quitte à reporter une intervention programmée.
- Les antibiotiques, uniquement sur prescription. On va au bout du traitement prescrit, et on ne recycle jamais une boîte entamée — un usage excessif nourrit exactement les bactéries multirésistantes que l'on cherche à freiner.
Pour votre situation personnelle, c'est l'équipe soignante ou votre médecin traitant qui tranche. Ce que vous pouvez faire de votre côté, c'est poser la question, sans craindre de déranger.
À retenir. Une fièvre, des brûlures en urinant, une rougeur autour d'un cathéter ou une plaie qui suinte dans les jours qui suivent une hospitalisation ne se banalisent pas. Contactez rapidement le service qui vous a prise en charge ou votre médecin traitant : plus une infection associée aux soins est repérée tôt, plus elle se traite simplement.

Budget
Le sujet implique peu d'achats, mais l'hygiène des mains à la maison en fait partie. Un flacon de solution hydro-alcoolique de 100 à 250 ml coûte de l'ordre de 3 à 8 € en pharmacie, en parapharmacie ou en grande surface. Comptez environ 8 à 15 € pour une recharge d'un litre, nettement plus économique à l'usage. Un savon doux classique, lui, reste entre 2 et 6 €.
À savoir : aucune alternative « naturelle » n'égale l'efficacité d'une solution hydro-alcoolique pour désinfecter les mains. Le savon doux, en pain ou en flacon rechargeable, sert à laver, pas à désinfecter — c'est utile au quotidien, mais ce n'est pas la même fonction. Les prix varient selon le format, la présence d'agents hydratants et le circuit de distribution : pharmacie, grande surface, commande en ligne.
Sources
- Santé publique France — enquête nationale de prévalence des infections associées aux soins (édition 2017) et rapports de surveillance.
- Ministère de la Santé — Programme national de prévention des infections et de l'antibiorésistance 2022-2025.
- Organisation mondiale de la santé — recommandations sur l'hygiène des mains et Journée mondiale de l'hygiène des mains du 5 mai.
- Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) — surveillance européenne de la résistance aux antibiotiques.
- Haute Autorité de santé — travaux et recommandations sur la prévention des infections associées aux soins.





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