Vous êtes déjà passée par là : une photo de robe croisée sur un compte, un zoom, et cette question qui reste — mais qui a dessiné ça ? Avec Jeremy Bueno, la curiosité arrive vite ! On a craqué pour ses robes sculptées, alors on vous raconte son parcours.

De la Corse à Londres, à 18 ans
L'histoire démarre simplement. Un garçon quitte sa Corse natale à 18 ans pour apprendre le métier là où il se joue vraiment. Cap sur Londres, et le London College of Fashion, l'école rattachée à University of the Arts London. Il y travaille le stylisme et le modélisme — des patrons, des nuits courtes, très peu de paillettes.

En parallèle, il entre en atelier chez Thierry Mugler. Là, il touche aux deux extrémités du métier : le prêt-à-porter d'abord, la haute couture ensuite. Une école d'exigence, pour le coup ! Et le nom sur lequel il a fait ses classes appartient lui aussi à l'histoire : Thierry Mugler est décédé en janvier 2022, et la maison est aujourd'hui dessinée par Miguel Castro Freitas. Voilà pour situer le niveau.

Le « Twisted », sa signature
Impossible de parler de lui sans évoquer sa technique maison, le « Twisted ». Le principe ? Il ne part pas d'un tissu tout fait, il se fabrique le sien. Des rubans de soie, de satin, de velours, de coton sont assemblés, puis redécoupés. Il en sort des lignes asymétriques, un brin tordues, qui épousent la silhouette au lieu de la plaquer.

C'est là le geste qui change tout. Plutôt que d'imprimer un motif sur une étoffe, il construit la matière elle-même. Ses robes Twisted portent des noms qui sentent la botanique corse — l'ancolie, le pin laricio — et l'on comprend vite que le vêtement est sculpté plus que cousu. Toute une série de collections repose sur cette idée : « Mon Maquis », « Fabriqué en Exil », « Signs », « Habit de Lumière », « Les Hybrides de Lumières » ou « Délire d'Écosse ».

Des robes, mais portables
Ce qui revient d'une saison à l'autre, ce sont les robes. Tissus chatoyants, matières nobles, couleurs lumineuses, coupes qui dessinent les hanches, tombé fluide : on adore ! La robe Légendes, présentée au Festival d'Hyères 2008 pour l'hiver 2008-2009, joue sur du bleu, du noir et un entrelacs de rubans en découpes asymétriques. Une allure de tapis rouge, clairement ! Ses créations ont d'ailleurs été exposées aux Galeries Lafayette, sur le créneau de la jeune création.

Sauf que le créateur a une obsession : faire portable. Rien de trop extravagant, pas de pièce statement condamnée à la vitrine. Vous pouvez porter ses robes à un dîner, à un mariage, et repartir en métro sans avoir l'air déguisée. C'est plus difficile que ça n'en a l'air — et c'est précisément là que beaucoup de jeunes maisons se cassent les dents.
Le geste à piquer, même sans machine à coudre
Prenez une pièce unie, un peu fade, dans votre vestiaire. Ajoutez un ruban large dans un ton contrasté et fixez-le à la main sur une épaule ou le long d'une couture. Vous trouvez les rubans en mercerie — soie, satin, velours — et une retoucheuse peut faire la finition si coudre vous ennuie. Une heure de travail, pas plus ! Et si l'envie vous prend, chinez d'abord : une friperie regorge de basiques à customiser sans regret. :::

Cette allure tient-elle encore en 2026 ?
Bonne question, et la réponse penche plutôt vers le oui. Le ruban utilisé comme matière première, la dentelle détournée, la corseterie assumée : ce sont des pistes que beaucoup de jeunes maisons explorent aujourd'hui. Le tartan revient à chaque automne, avec ou sans virage punk. Et la robe longue construite plutôt qu'imprimée résiste bien au règne du « quiet luxury », ce gris élégant qui a envahi les vestiaires.
Autre chose a changé depuis 2008 : la seconde main. Une pièce de créateur des années 2000 se déniche désormais en ligne, et les archives sont devenues un vrai terrain de chasse. C'est souvent là que vous croisez les coupes les plus intéressantes — et, côté budget, les meilleures surprises.


Budget
Une pièce dans cet esprit, ça se joue sur une échelle très large, et la note dépend surtout de la matière, de l'état, du lieu d'achat et du temps de main-d'œuvre.
- Friperie ou ressourcerie : compte environ 10 à 40 € pour une robe à retoucher, rubans compris si vous chinez bien. Le meilleur rapport qualité/prix, à condition d'aimer fouiller.
- Seconde main de créateur (Vinted, Vestiaire Collective) : d'environ 60 € à plusieurs centaines d'euros selon l'état, la saison et la rareté. En ligne, vous payez souvent l'archive.
- Personnalisation rubans : compte environ 5 à 25 € de rubans en mercerie, et 20 à 60 € de retouche en atelier. À adapter selon la longueur et la complexité.
- Créateur indépendant, sur mesure : plusieurs centaines d'euros, parfois bien plus selon le tissu et les heures d'atelier.
Comment vous en inspirer sans vous tromper
Un dernier conseil, très concret. Avant d'acheter, retournez la pièce et regardez les coutures : une étoffe qui se tord joliment à l'épaule doit rester propre dans les finitions, sinon elle vieillit mal. Si vous customisez, testez d'abord sur un vêtement que vous aimez moyennement. On apprend toujours mieux comme ça.
Le reste, c'est une question de curiosité. Regardez les collections, notez ce qui vous parle, laissez l'idée infuser — et, si une pièce vous fait de l'œil, demandez-vous si elle tiendra plus d'une saison dans votre garde-robe capsule. C'est le meilleur filtre.





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