Ce n'est pas un hasard si, à chaque retour des beaux jours, les magazines ressortent leurs couvertures « maigrir vite et bien, comme par magie, sans avoir faim ». Keto, jeûne 16/8, dîner avec une simple fourchette, substituts de repas en tout genre : les promesses tournent, les modes passent, et le problème reste souvent le même. Comment choisir quand on veut perdre quelques kilos sans y laisser son énergie, son moral et le plaisir de passer à table ? Voici ce que l'on sait vraiment, ce qui reste flou, et un point sur six des régimes parmi les plus pratiqués : principes et résultats.

Gros plan sur une entrecôte grillée, une noix de beurre et quelques feuilles de roquette
Atkins : viandes, œufs et fromages remplacent pains et féculents

Les substituts de repas : Ces substituts de repas se présentent sous forme de purée/bouillie voire soupe, barres ou autre. Ils remplacent un ou deux repas de la journée et, selon les produits, peuvent être complétés d'un yaourt ou d'un fruit pour équilibrer l'ensemble. Le principe des substituts est simple puisqu'il mise sur une alimentation hypocalorique prise sous la forme de substituts tout préparés, visant notamment à couper la faim. Ici, donc, pas de décompte de calories ni de choix d'aliments : à vous de suivre les conseils fournis avec le produit. Ce régime se suit sur une période plus ou moins longue, qui dépendra de la perte de poids recherchée.

Le hic ? S'il est réputé efficace, il n'est en revanche pas hautement gastronomique : on se lasse vite des substituts, qui n'ont d'ailleurs pas très bon goût et qui, malheureusement, coûtent relativement cher. Côté marques, on pense à Slim Fast, l'un des noms les plus connus du rayon — à vérifier tout de même, car toutes les préparations ne se valent pas.

Le régime Atkins : Ce régime inventé par le docteur Atkins au début des années 70 repose sur une réduction drastique des glucides de l'alimentation. Les aliments très riches en glucides (sucres rapides ou lents) sont fortement limités, voire exclus : les féculents (pain, pâtes, riz, pommes de terre…), les fruits, les légumineuses (pois, lentilles, haricots…), les gâteaux et les bonbons. En revanche, certains légumes pauvres en glucides — salades, brocolis, courgettes… — restent autorisés en quantité limitée, notamment pendant la phase d'induction. Sont donc privilégiés les aliments contenant des protéines en quantité importante : viandes, poissons, fruits de mer, œufs, fromages, et même beurre et huile…

À savoir toutefois, le régime Atkins est aujourd'hui montré du doigt comme pouvant s'avérer dangereux, de par l'exclusion d'un grand nombre d'aliments et donc d'éléments essentiels au corps. Il serait rapidement efficace à condition de respecter l'ensemble de ses règles, certes, mais les régimes très restrictifs en glucides peuvent provoquer des effets indésirables et des carences ; ils nécessitent un avis médical, surtout en cas de pathologie ou de traitement. La version cétogène, encore plus stricte, relève parfois d'indications médicales précises : elle se pratique alors sous suivi médical, jamais en solo.

Grand bol rustique de lentilles vertes sur un linge de lin brut, avec une cuillère
Dissocié : chaque jour sa famille d'aliments, sans mélange

Peu importe, au fond, le nom du régime : le plus efficace pour vous ne sera pas le plus sévère, mais celui qui ne vous épuise pas. Une perte progressive, de l'ordre de quelques centaines de grammes par semaine, se tient bien mieux dans la durée qu'un amaigrissement express suivi, presque toujours, d'une reprise.

Le régime dissocié : Le régime dissocié repose sur le principe que les aliments à eux seuls ne font pas grossir, mais que les combinaisons d'aliments sont, elles, fort caloriques. La solution ? Réserver chaque jour à un type d'aliment : le lundi, par exemple, ne manger que des fruits, le mardi que de la viande, le mercredi du poisson, etc.

Le régime dissocié est réputé efficace à condition de résister à la tentation : un seul aliment rassasie vite, mais lasse également rapidement ! Il se pratique généralement sur une période plutôt courte, parce qu'assez difficile à tenir sur la durée, et il est assez déséquilibré nutritionnellement parlant. Dernier inconvénient : s'il permet une rapide perte de poids, il n'empêche pas une rapide reprise a posteriori ! La science ne soutient d'ailleurs pas vraiment cette dissociation : ce qui fonctionne dans ce schéma, c'est surtout la monotonie, car quand on mange une seule famille d'aliments, on se rassasie vite et on mange moins. Autant le savoir, et ne pas s'imposer un déséquilibre pour rien.

Deux barres protéinées sur une petite assiette d'ardoise, dont une coupée en deux
Barres protéinées : un repas de poche, dense et riche en protéines

La diète protéinée ou régime hyper-protéiné : Le principe du régime hyper-protéiné est simple : les repas se font sous forme de sachets, soupes, barres très protéinés et faibles en calories.

Ce régime doit se pratiquer avec l'aide d'un spécialiste, les sachets n'apportant pas au corps l'ensemble des éléments dont il a besoin ; cette diète peut engendrer une ou plusieurs carences, qui devront être comblées par des compléments vitaminés et minéralisés. La durée varie selon les programmes et doit être encadrée ; elle ne doit pas être décidée seul. Il engendre une perte de poids très rapide devant être surveillée, le corps puisant dans ses réserves de lipides et de glucides quasi absents des préparations. Sachez enfin que la diète protéinée coûte relativement cher et rend difficile la transition préparations/alimentation, ce qui, bien souvent, se conclut par une rapide reprise de poids. La transition vers l'alimentation normale est justement le moment le plus fragile, et c'est souvent là que le poids revient. En pratique, cherchez des produits aux ingrédients identifiables et un label contrôlé, comme AB ou le label bio européen — la mention « naturel », à l'inverse, n'est pas un label.

Main tenant une fourchette qui soulève des pâtes au-dessus d'une assiette, lumière du soir
Un seul couvert sur la table : la fourchette décide du menu du soir

La méthode Forking : Mise au point par Ivan Gavriloff, la méthode Forking ne s'attaque qu'au repas du soir. Le principe ? Dîner avec une fourchette. On s'explique : le repas du soir ne doit comporter que des aliments (naturellement) mangeables avec une fourchette, et qui dit fourchette dit piquer les aliments, et non les découper ou essayer de les hisser jusqu'à la bouche tant bien que mal !

Ainsi, le midi, on mange ce qui nous plaît (avec modération tout de même), et le soir tout ce qui peut se manger sans couteau, sans cuillère et sans les doigts : pâtes, légumes, pommes de terre, purée… par exemple. Sont donc exclus, faute de fourchette, le pain, les gâteaux apéritifs, la charcuterie, la pizza, la viande…

Moins frustrant que d'autres régimes, il n'exclut pas d'aliments qui resteront permis au repas du midi ou au petit déjeuner. En pratique, cette règle du dîner à la fourchette revient surtout à réduire les portions du soir.

Une femme attablée le soir, une fourchette à la main au-dessus de son assiette de pâtes
La méthode Forking : le soir, on ne mange qu'avec une fourchette

Le régime WeightWatchers : Le régime WeightWatchers reste probablement l'un des plus équilibrés, puisque le principe est simple : on mange de tout, mais en quantité limitée.

Ainsi, chaque aliment présente un certain nombre de points, et il faudra composer avec ces aliments de manière à ne pas dépasser le quota de points dont on dispose. Ce régime se pratique avec l'aide d'un groupe de soutien, des réunions étant organisées chaque semaine, réunions regroupant d'autres « pratiquants WeightWatchers ».

Dans l'ensemble, ce régime a bonne réputation, même si les résultats varient selon les personnes : le soutien d'autres adhérents peut être un facteur de motivation, avec moins de « craquage ». Le programme, connu sous le nom de WW puis rebaptisé WeightWatchers, s'est depuis largement ouvert à des formules en ligne : à vérifier selon ce qui est proposé près de chez vous.

Une pile de magazines féminins posée sur une table de café, près d'une tasse
Chaque printemps, les mêmes promesses de maigrir vite et bien

En pratique, retenez ceci : aucun de ces régimes ne remplace un avis personnalisé. Si vous hésitez, si vous êtes enceinte, si vous prenez un traitement ou si vous avez déjà essayé plusieurs fois sans succès, parlez-en à un professionnel de santé — médecin ou diététicien — avant de vous lancer.

Budget

Les prix dépendent des marques, des points de vente et des formules choisies. À titre indicatif, en France, comptez quelques euros par repas pour un substitut, plusieurs dizaines d'euros par mois pour un programme hyper-protéiné tout prêt, et une fourchette modérée pour un abonnement type WeightWatchers, selon que vous choisissez l'option en ligne ou en réunion. Atkins, dissocié et Forking, eux, n'imposent aucun produit à acheter : seule compte la note des courses, avec une nuance pour Atkins, riche en viande et en fromage. Le bon réflexe reste de comparer et de vérifier ce qui est réellement inclus.

Sources

  • Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), avis et rapports sur la nutrition et les régimes.
  • Santé publique France, programme « Manger Bouger ».
  • Organisation mondiale de la santé (OMS), recommandations sur une alimentation saine.
  • Haute Autorité de santé (HAS), recommandations sur la prise en charge du surpoids et de l'obésité.