On la croise tous les matins, cette petite pastille blanche qui fond dans le café sans qu'on y pense. Derrière elle, un nom qui revient par vagues dans les discussions : l'aspartame. Cet édulcorant intense, environ 200 fois plus sucrant que le sucre, est autorisé en Europe depuis le début des années 1980. Et depuis, la même interrogation ressurgit régulièrement : peut-on en consommer sans s'inquiéter ?

Ce que l'on sait

En Europe, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a fixé une dose journalière admissible à 40 mg par kilo de poids corporel. En pratique, pour une personne de 60 kg, cela correspond à une dizaine de canettes de soda light ou une quarantaine de comprimés édulcorants par jour — une consommation vraiment inhabituelle.

En juillet 2023, deux instances de l'Organisation mondiale de la santé ont rendu leurs conclusions. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé l'aspartame comme « peut-être cancérogène pour l'humain » (groupe 2B), une catégorie qui signale un niveau de preuve limité, pas un danger établi. Le comité d'experts JECFA a, lui, maintenu la dose journalière admissible à 40 mg/kg. Autrement dit : pas de preuve solide d'un risque aux doses courantes, mais de quoi rester mesurée.

Le seul cas vraiment documenté reste la phénylcétonurie. Cette maladie génétique rare empêche l'organisme d'assimiler la phénylalanine, un acide aminé contenu dans l'aspartame. Les personnes concernées doivent l'éviter, et les produits qui en renferment le mentionnent sur l'étiquette. En dehors de cette situation, les données actuelles n'ont pas identifié d'effet délétère dans la population générale.

Des canettes de soda light sans marque alignées sur un comptoir de cuisine clair
La dose journalière traduite en canettes : de quoi relativiser

Aspartame et minceur : le raccourci à éviter

L'aspartame ne fait pas maigrir. Sa seule présence dans une boisson ne déclenche aucune perte de poids. Ce qu'il peut faire, c'est remplacer le sucre dans certaines préparations — sodas, yaourts, chewing-gums — et alléger l'addition calorique d'une journée.

Jeune femme dans une cuisine lumineuse, un verre de boisson light à la main et un paquet de biscuits ouvert sur la table
Remplacer le sucre ne suffit pas si le grignotage reprend le dessus

Deux réserves comptent. Si vous compensez en grignotant davantage, l'avantage calorique s'évapore. Et une question reste ouverte : certains travaux suggèrent que les édulcorants intenses ne rassasieraient pas comme le sucre et pourraient entretenir l'appétence pour le sucré. Les données demeurent hétérogènes, le débat se poursuit. En cas de doute sur votre consommation, parlez-en à un professionnel de santé.

Ce que l'on sait : un usage modéré respecte la dose journalière admissible fixée par l'EFSA. Ce que l'on ne sait pas encore : les effets d'une consommation très élevée, poursuivie pendant des années. La prudence, ici, c'est la modération et la diversité — pas l'interdiction.

En pratique, retenez ceci

Un soda light de temps en temps ne pose pas de problème à une personne en bonne santé. Un usage quotidien et massif, en revanche, invite à diversifier : eau, thé, infusions, eaux aromatisées sans sucres ajoutés. Et si vous cherchez une alternative pour sucrer votre café, la stévia, issue d'une plante, ne contient pas de phénylalanine. Vous la trouvez en tablettes ou en poudre, souvent en boîte de verre ou en sachets. Vérifiez la composition, car les mélanges en rayon ajoutent parfois d'autres ingrédients.

Pot en verre de stévia en tablettes, poudre verte et feuilles fraîches près d'une tasse d'infusion
La stévia, une alternative végétale sans phénylalanine

Budget

Une boîte de 100 à 300 tablettes édulcorantes se situe autour de 2 à 6 € en France, selon la marque et le format. La poudre se négocie plutôt entre 3 et 7 € le pot. Un soda light revient à 1 à 2 € le litre et demi, en grande surface comme en ligne. Les alternatives à base de stévia grimpent un peu, souvent entre 4 et 8 € la boîte. Ces écarts dépendent du format, de la marque et du point de vente : grande surface, magasin bio, parfumerie ou commande en ligne.

Sources

  • EFSA — réévaluation de l'aspartame (E 951) comme additif alimentaire, 2013.
  • OMS / CIRC — classification de l'aspartame, juillet 2023.
  • JECFA (OMS/FAO) — évaluation des risques liés à l'aspartame, juillet 2023.
  • ANSES — repères et avis sur les édulcorants intenses.