Vous avez déjà tenté le footing, et le bitume vous a découragée au bout de trois séances ? La piscine, elle, vous ennuie dès la deuxième longueur ? Entre les deux existe une pratique encore discrète en France, qui se déroule à la verticale et sans jamais toucher le fond : courir dans l'eau.

Le principe : le geste du footing, l'impact en moins

L'aquarunning — que les Anglo-Saxons appellent deep water running — transpose la course à pied dans un bassin profond. Les pieds dans le vide, vous vous tenez droite, une ceinture de flottaison vous maintient la tête hors de la surface, et vos jambes reproduisent la mécanique d'un footing : flexion, poussée, retour. On ne réinvente pas la foulée, on la déplace !

Vue de profil au niveau de l'eau : la foulée sous la surface et la ceinture de flottaison à la taille

Née en rééducation sportive pour faire bouger des personnes blessées sans maltraiter leurs articulations, la pratique a ensuite séduit les coureurs en reprise, avant de débarquer dans les piscines publiques. Ce que l'on sait, ce que l'on ne sait pas encore : la portance de l'eau allège une partie des contraintes qui pèsent sur les chevilles, les genoux et les hanches. Cela ne rend pas l'activité anodine pour autant — l'intensité se règle, et elle grimpe vite.

Ce que ça travaille

Le bas du corps, d'abord : mollets, cuisses, fessiers, abdominaux. Le haut ensuite, et c'est souvent la surprise — bras, dos et épaules travaillent pour tenir la posture et équilibrer le geste. La résistance de l'eau s'oppose à chaque mouvement : plus vous accélérez, plus l'effort augmente. C'est vous qui pilotez, sans suivre un rythme imposé par une machine ou un groupe.

Femme vue de trois-quarts, bras dans l'eau, épaules et dos engagés pour tenir la posture

Les données actuelles suggèrent que l'aquarunning peut solliciter le souffle et les muscles, avec une intensité que vous choisissez vous-même. En pratique, la dépense dépend de votre rythme, de votre technique et de la profondeur du bassin ; vous pouvez aussi la garder très douce. Cette pratique peut participer à une dépense régulière, à condition de s'y tenir — mais aucune activité ne fait fondre quoi que ce soit à elle seule.

Qui ça peut aider, qui doit demander un avis

C'est une piste intéressante si vous supportez mal les chocs répétés du bitume, si vous reprenez après une blessure ou si vous voulez bouger sans souffrir. Plus largement, l'activité physique régulière reste l'un des leviers les mieux documentés en prévention de nombreuses maladies chroniques, et la sédentarité est un facteur de risque reconnu.

Femme vue de trois-quarts arrière avançant lentement dans l'eau, chignon bas, allure calme

Avant de vous lancer, parlez-en à un professionnel de santé si vous avez un antécédent cardiaque, une grossesse en cours, une opération récente, une douleur qui persiste ou un traitement en cours. L'aquarunning n'est pas un soin : c'est une activité physique, et son intérêt se juge dans un suivi global. Aucun diagnostic ne se pose au bord du bassin.

Une séance ne doit pas déclencher de douleur. Si vous sentez un appui douloureux, un essoufflement inhabituel ou un malaise, sortez de l'eau et parlez-en à un médecin. L'encadrant ou le maître-nageur peut adapter l'intensité, mais il ne remplace pas un avis médical.

En pratique : votre première séance

Commencez par cinq à dix minutes d'échauffement simple dans l'eau. Enchaînez ensuite des blocs de course de trente à soixante secondes, séparés par de la récupération active. Vingt à trente minutes suffisent souvent pour une première fois. La ceinture est généralement prêtée par le bassin ; sinon, une séance collective encadrée reste un bon point d'entrée. Dernier détail qui compte : une eau tempérée rend la pratique bien plus confortable, surtout en hiver.

Budget

Les tarifs varient beaucoup selon la ville et le statut du bassin. Comptez de l'ordre de 3 à 6 € pour une entrée à l'unité en piscine municipale, et environ 20 à 40 € pour un abonnement mensuel ou un carnet — davantage en centre privé. Une séance d'aquarunning encadrée en club se situe souvent entre 8 et 20 €, avec un tarif dégressif en forfait. Si vous voulez acheter votre ceinture de flottaison, prévoyez autour de 25 à 50 €.

Ce qui fait monter la facture, c'est l'encadrement, la formule annuelle et la rareté des créneaux. Côté équipement, vous trouverez des ceintures en magasin de sport, en ligne, et parfois en dépôt-vente. Le prêt par le bassin ou l'occasion reste l'option la plus sobre ; si vous achetez neuf, regardez la composition annoncée (mousse EVA, absence de PVC) plutôt qu'un argument écologique vague.

Sources

  • Organisation mondiale de la Santé, Lignes directrices sur l'activité physique et la sédentarité, 2020 (who.int)
  • Santé publique France, recommandations sur l'activité physique et la sédentarité (santepubliquefrance.fr)
  • Haute Autorité de Santé, promotion de l'activité physique (has-sante.fr)
  • Fédération française de natation, activités aquatiques et encadrement (ffnatation.fr)
  • Ministère chargé des Sports, pratique sportive pour tous (sports.gouv.fr)