On a tous un sac qu'on repère entre mille. Le Pliage de Longchamp appartient à cette famille-là — inutile de déchiffrer l'étiquette pour le reconnaître. Vous l'avez forcément déjà croisé sur l'épaule d'une inconnue dans le métro, ou rangé dans votre valise au retour de vacances. Sa silhouette trapèze dissimule une histoire de famille qui court sur plus de sept décennies. Et elle ne démarre pas du tout dans la maroquinerie.

Une femme de dos porte un sac Longchamp Le Pliage bleu marine à l'épaule, dans une rue
Reconnaissable entre mille, le rabat de cuir et la toile trapèze du Pliage

Retour en 1948. Jean Cassegrain fonde sa maison et choisit un créneau pour le moins inattendu : le gainage en cuir des pipes. Rien à voir, a priori, avec le sac que vous connaissez. Pendant plusieurs années, cet objet fait vivre l'entreprise, avant que l'activité ne s'élargisse aux articles pour fumeurs, puis à la petite maroquinerie. Le cuir, lui, s'installe déjà comme fil conducteur.

Les années 1960 marquent un virage : la maison se met au bagage en cuir. Plus tard, elle ouvre des boutiques, notamment dans les aéroports internationaux, où les voyageurs en transit la découvrent. Mais le tournant décisif arrive en 1993, avec le Pliage.

Un sac Longchamp Le Pliage plié à plat sur une table en bois clair, rabat de cuir apparent
Quelques secondes suffisent : le Pliage se replie à plat, prêt à voyager

Il faut d'ailleurs tordre le cou à une idée reçue : non, ce n'est pas un sac des années 70. C'est Philippe Cassegrain qui le dessine en 1993, l'œil fixé sur l'origami. Un carré de toile nylon légère, un rabat de cuir, des anses fines — et un geste qui change tout : le sac se plie en quelques secondes, assez petit pour rejoindre un bagage à main. Simple, solide, best-seller quasi immédiat.

Son charme, en vérité, tient à peu de chose. Une silhouette trapèze, un tombé souple, une matière qui ne redoute pas la pluie. Ce dépouillement en fait une pièce statement discrète, facile à accessoiriser, du total look au duo jean-baskets. La toile, elle, vieillit plutôt bien — à une condition : ne pas la surcharger.

Un sac Le Pliage posé sur un établi de maroquinier, entouré d'outils de cuir anciens
Du cuir des pipes au nylon plié, la maison cultive le geste d'atelier

À partir des années 2000, le vestiaire s'élargit au prêt-à-porter et aux accessoires, puis, plus tard, aux chaussures. La maison, toujours tenue par la famille Cassegrain, cultive une allure de luxe à la française, entre sobriété et clin d'œil.

Côté matière, la ligne Le Pliage Green abandonne le nylon vierge pour un polyamide recyclé, le rabat de cuir restant identique. À retenir : cela réduit la part de matière neuve, mais ne transforme pas le sac en objet compostable. Sa fin de vie, elle, dépend encore du recyclage textile, un circuit encore peu développé en France.

Le geste qui change tout. Pour que votre Pliage ne se déforme pas, rangez-le plié à plat dès que vous ne vous en servez pas. La toile garde mieux sa tenue, le rabat en cuir marque moins — et vous le retrouvez prêt à partir.

Budget

Envie d'un Pliage sans hypothéquer votre budget ? Voici les fourchettes constatées en France.

  • Pliage Original (nylon, rabat cuir) : compte environ 100 à 160 € selon la taille (S, M, L).
  • Pliage Green (polyamide recyclé) : quelques euros de plus, souvent autour de 110 à 170 €.
  • Versions cuir ou éditions limitées : de 300 à plus de 700 € pour les pièces les plus travaillées.

Plusieurs facteurs font bouger la note : la taille, la matière, la couleur, et la rareté de l'édition (collaborations, séries capsules). Où l'obtenir ? En boutique officielle ou sur longchamp.com pour l'authenticité, en grands magasins, dans les corners duty-free des aéroports, ou en seconde main pour un modèle plus ancien — en vérifiant alors les coutures et l'état du rabat.

Sources

  • Maison Longchamp, page officielle « Notre histoire », longchamp.com
  • Longchamp, présentation de la ligne Le Pliage Green, longchamp.com