Le tatouage ? Oui, mais en toute sécurité ! Le tatouage connaît, depuis de nombreuses années déjà, un énorme succès : aujourd'hui, il est rare de croiser une personne qui ne cache pas un petit dessin au bas du dos, sur la cheville, ou ailleurs…

Pratiqué depuis des millénaires, puisque des momies tatouées et des traces de tatouages sur des restes humains vieux de plusieurs milliers d'années ont été retrouvées aux quatre coins du monde — preuve que l'art corporel se pratique depuis bien longtemps déjà !

Aujourd'hui plus que jamais, le tatouage est un phénomène de société, plutôt banalisé même puisque largement répandu ; il y a pourtant quelques précautions à prendre avant et après s'être fait tatouer.

Le tatouage consiste en l'injection d'une encre spécifique sous la peau, à l'aide d'une aiguille prévue à cet effet, afin de réaliser un dessin qui restera indélébile. Puisque l'aiguille pénètre dans la peau et se retrouve en contact avec les chairs et le sang, un tatouage qui n'est pas réalisé dans les règles d'hygiène nécessaires peut s'avérer dangereux, car porteur de maladies.

L'acte n'a rien d'anodin : la machine perce la barrière cutanée, l'aiguille traverse l'épiderme et dépose des pigments directement dans le derme. Chaque tatouage est donc une effraction cutanée, avec ses risques infectieux et allergiques.

Tatoueuse maghrébine concentrée travaillant sur un avant-bras dans un studio propre

Voici donc les conditions d'hygiène qui doivent absolument être réunies pour la réalisation de tout tatouage ; on ne le répétera jamais assez, n'hésitez pas à questionner votre tatoueur pour vous assurer qu'elles sont effectivement respectées :

Les instruments utilisés pour le tatouage, ainsi que le local, la peau du client et celle du tatoueur, doivent être nets de tout germe bactérien ou viral pouvant entraîner des infections. Pour cela :

Le matériel de tatouage qui s'y prête (aiguille, gants, protections) doit être à usage unique, et l'aiguille doit être stérile, donc sous emballage : vous avez parfaitement le droit de demander à voir le tatoueur sortir l'aiguille de son emballage stérile, ne vous en privez pas !

Les locaux du tatoueur doivent être propres, et lui-même doit se laver les mains et les avant-bras avant de commencer, puis porter des gants de chirurgie.

Les objets qui entrent en contact avec le sang et la peau doivent être à usage unique. Quant au dermographe, il est protégé par des gaines à usage unique puis nettoyé et désinfecté ; seules les pièces métalliques et les pinces en contact avec le sang passent par un nettoyage, une désinfection, puis une stérilisation en autoclave. Les sachets sont scellés, datés, accompagnés de témoins de stérilisation.

Jeune femme métissée attentive à l'ouverture d'une aiguille stérile dans un studio de tatouage

Bien évidemment, il est largement conseillé d'éviter de vous faire tatouer dans des lieux non appropriés à la réalisation d'un tel acte : marchés, stands extérieurs…

Si une IRM est prévue, signalez votre tatouage au radiologue. En cas de grossesse, mieux vaut reporter. En France, le tatouage est interdit aux mineurs ; les règles de consentement parental décrites concernent le piercing.

Une fois réalisé, le tatouage équivaut à une plaie sur la peau : il vous faudra vous assurer qu'il cicatrise bien, donc en prendre grand soin durant les premiers jours pour éviter toute infection ou autre complication.

Pour ce faire, il est recommandé de :

Porter une compresse stérile sur votre tatouage le premier jour, pour éviter qu'il soit en contact avec vos vêtements ou même l'extérieur.

Laver le tatouage avec un savon doux, sans parfum, selon les consignes du tatoueur ou d'un professionnel de santé, le rincer, le sécher, puis y appliquer une pommade cicatrisante conseillée par votre tatoueur. Un baume suffisamment gras fait très bien le job : certaines marques proposent des formules naturelles en pot de verre ou en tube de carton, d'autres misent sur du conventionnel ; dans les deux cas, c'est le geste qui compte : appliquer une fine couche de baume selon les consignes de votre tatoueur, jusqu'à cicatrisation complète.

Jeune femme latina appliquant une fine couche de baume sur un tatouage frais à l'avant-bras

Ne pas retirer les croûtes qui se formeront sur votre tatouage : de l'encre pourrait partir avec elles. Laisser le tatouage cicatriser et les croûtes se retirer d'elles-mêmes.

Pendant toute la période de cicatrisation, il vous faudra éviter de vous exposer au soleil ainsi que les baignades en eau salée ou chlorée.

Toutes ces indications doivent vous être répétées et précisées par votre tatoueur. Un rendez-vous de contrôle peut être proposé par certains tatoueurs ; en cas de doute sur la cicatrisation, consultez un professionnel de santé.

Un studio sérieux ne s'offusquera jamais d'une question sur l'hygiène. Avant de vous engager, demandez à voir l'aiguille sortir de son emballage stérile, jetez un œil au carnet de suivi de l'autoclave et vérifiez que les gants sont sortis d'un paquet neuf sous vos yeux. Si l'on élude la question, changez de tatoueur.

Budget

Côté budget, comptez environ 60 à 120 € de l'heure chez un tatoueur installé, avec de gros écarts selon la ville, la réputation de l'artiste et la finesse du motif. Un petit dessin d'une dizaine de centimètres se situe souvent entre 80 et 200 €, un projet plus large (avant-bras, mollet, dos) grimpe facilement de 400 à 1 500 €, et une pièce complète se chiffre en milliers d'euros, étalés sur plusieurs séances. Le prix inclut normalement le dessin préparatoire, le matériel stérile et les conseils de cicatrisation ; demandez un devis écrit avant de bloquer un rendez-vous, et méfiez-vous des tarifs anormalement bas, qui font rarement des économies sur autre chose que la sécurité. Côté entretien, comptez 8 à 20 € pour un baume cicatrisant correct.

Sources

  • Code de la santé publique, articles R. 1311-1 et suivants — hygiène et salubrité pour la pratique des techniques de tatouage par effraction cutanée (Légifrance).
  • Ministère de la Santé et de la Prévention — informations sur les tatouages et les piercings.