Entre le survêtement qui finit en tas sur une chaise après la séance et le pantalon qu'on enfile pour aller dîner, il n'y a plus qu'un mot : jogging. La coupe, elle, a changé de camp. Taille haute, jambe large, molleton allégé — la pièce de vestiaire a pris des manières de pantalon, sans renoncer au confort qui la rend aimable.

Le molleton a maigri (et c'est tant mieux)

Vous souvenez-vous du molleton gratté, cette face duveteuse à l'intérieur, chaude comme il faut, mais capable d'épaissir une jambe en un quart de seconde et de tenir debout toute seule contre un mur ? On l'a toutes porté, ce pantalon-là — souvent pour une excellente raison : il ne fallait réfléchir à rien.

Le nouveau venu joue l'inverse. Molleton non gratté, jersey épais, coton bio, parfois un peu de laine mérinos : le tissu pèse moins et suit le mouvement. D'où un tombé — ce mot que les stylistes emploient pour dire qu'une matière descend droit, avec du poids mais sans rigidité. C'est précisément ce tombé qui autorise à sortir du gymnase.

Avant d'acheter, retournez la pièce et lisez l'étiquette. Une part importante de fibres synthétiques n'annonce rien de bon pour la tenue dans le temps ni pour la façon dont le pantalon vieillira au lavage.

Trois détails qui décident de tout

La longueur d'abord. Trop courte, elle coupe la jambe en deux ; trop longue, elle traîne et s'effiloche au premier trottoir. Le repère qui fonctionne : le bas du pantalon frôle le dessus de la chaussure, sans pli marqué ni ourlet qui balaie le sol. Vous hésitez entre deux tailles ? Prenez la plus longue et faites reprendre l'ourlet — comptez 10 à 20 € chez un retoucheur de quartier, parfois moins.

La ceinture ensuite. Une taille haute, oui, à condition qu'elle se pose au-dessus du nombril et qu'elle tienne toute seule. Une bande élastique trop souple roule sur elle-même dès qu'on s'assoit ; une bande trop serrée laisse une marque à la fin du déjeuner. Cherchez une ceinture large, doublée, avec un cordon plat plutôt qu'un gros cordon de survêtement.

Reste le tombé, justement. Deux pinces discrètes ou un pli devant suffisent à donner de l'allure à une jambe large ; sans rien, le pantalon peut ressembler à un sac de sport. Ce n'est pas une question de prix, seulement de coupe.

Sous le manteau, avec des chaussures plates

La règle tient en une phrase : le jogging remplace le pantalon, il ne s'ajoute pas à la tenue de sport. Sous un manteau droit qui descend à mi-mollet, avec un col roulé fin et des chaussures plates, la silhouette se tient. Un trench, une veste en laine longue, un blouson en cuir oversize : tout ce qui a de l'épaule fonctionne, parce que le bas, lui, est fluide.

Silhouette en manteau droit de laine camel sur un jogging large et des mocassins plats
Manteau droit, col roulé fin, chaussures plates : la silhouette tient

Le vrai piège, c'est la chaussure. Une basket de running, avec ses renforts et sa semelle technique, ramène instantanément la tenue du côté du footing. Alors, quoi à la place ? Une chaussure à semelle plate : mocassins, derbies souples, ballerines, ou une basket en cuir dépouillée. Et si vous mesurez moins d'un mètre soixante, préférez une jambe large mais raisonnable — l'ampleur maximale mange les centimètres — et une taille mi-haute qui allonge la ligne.

Quant au total look molleton, il reste réservé aux trajets courts : veste et pantalon dans la même matière, c'est charmant à la sortie du cours, plus discutable à un déjeuner professionnel.

Budget

Côté prix, la fourchette est confortable. De 20 à 50 € dans les enseignes de sport généralistes, où les coupes larges sont arrivées en masse ; de 60 à 120 € chez les marques de prêt-à-porter qui travaillent le molleton comme un vrai pantalon, avec pinces et ceinture doublée ; au-delà de 150 € pour un molleton contenant de la laine, plus lourd, plus chaud, plus durable.

Et la seconde main ? C'est souvent la meilleure pioche : les joggings en coton épais des années 1990 reviennent fréquemment entre 15 et 30 €, et leur tombé n'a rien à envier aux nouveautés. Vérifiez juste l'état des chevilles et des genoux, deux zones qui se détendent vite.

Le test de la cabine : asseyez-vous, puis levez un genou. Si la ceinture bâille dans le dos ou si le tissu marque à l'aine, la taille au-dessus sera plus confortable — un jogging se porte ample, pas moulant. Et si le pantalon ne tombe pas droit sans vos mains, il ne tombera pas mieux à la maison.

Une dernière chose : le jogging large n'est pas une pièce à tout faire. Il excelle le week-end, sous un manteau, avec des chaussures plates et un haut propre. Au bureau, il faudra une coupe impeccable et beaucoup de culot — ce qui est un autre sujet, et un autre budget.