Version mise à jour après 2021 : cet article, publié à l'origine en 2007, tient compte de la loi de bioéthique de 2021 et de l'ouverture de la PMA à toutes les femmes.

Seulement voilà, la France met des bâtons dans les roues du don d'ovocytes. Réglementation sévère, délais d'attente écrasants et examens interminables en font un procédé rarissime, une difficulté d'autant plus absurde que nos voisins, eux, s'affichent comme des champions du don et du transfert d'ovocytes !

Belgique, Grèce et Espagne accueillent chaque année de nombreuses patientes étrangères, dont des Françaises !

Les avantages du don d'ovocytes ? Nul besoin de vous faire un dessin : avoir un enfant est un immense bonheur et pouvoir lui donner naissance est une bénédiction ! Non pas que l'adoption soit totalement rejetée par ces femmes désireuses d'avoir un enfant, mais là encore, la procédure s'avère un véritable parcours du combattant, avec au final la possibilité d'un échec de plus et de beaucoup de temps perdu !

Un temps précieux, d'ailleurs trop souvent gâché par les lois françaises en vigueur en matière de don de cellules. Le fait est qu'en France règne le principe de gratuité du don d'organe et de cellule, principe engendrant une procédure incroyablement longue et aberrante, laissant bien souvent les candidates au don d'ovocytes sur un échec, parfois au terme d'un parcours éprouvant !

Le principe est pourtant simple à énoncer : une donneuse, après stimulation et suivi rapproché, donne quelques ovocytes prélevés lors d'une ponction. Ils sont fécondés en laboratoire, avec le sperme du conjoint ou d'un donneur, puis un embryon est transféré.

Deux jeunes femmes discutent calmement autour d'un thé dans un appartement lumineux

En pratique, les délais restent très variables selon les régions et les centres : l'ouverture de la PMA à toutes les femmes en 2021 a élargi la demande, et certaines patientes attendent plusieurs années, alors que, l'âge avançant, chaque trimestre compte !

Jeune couple assis dans une salle d'attente lumineuse, mains jointes, attitude sereine

Examens nombreux et à répétition, stimulations et surstimulations ovariennes, traitements longs voire inadaptés, toute-puissance des spécialistes dénoncée par nombre de candidates qui se voient refuser le transfert pour des raisons qui ne leur sont pas toujours expliquées… Autant de raisons qui poussent les Françaises à tenter leur chance sous d'autres horizons, ceux de l'Espagne, de la Grèce et de la Belgique principalement, où il faut alors compter, selon les cliniques, de 3 000 à 10 000 euros par tentative, à ajouter aux nombreux examens.

Aux yeux de nos voisins européens, notre législation est une aberration impliquant une incroyable perte de temps et d'argent, si bien que chaque année leurs hôpitaux et spécialistes voient poindre une foule de candidates à la nationalité française, informées par une amie ou une discussion sur l'un des nombreux forums consacrés au don d'ovocytes, qu'ici le temps serait plus propice aux bébés !

Côté receveuse, la préparation de l'utérus puis le transfert d'embryon suivent un protocole précis, adapté au profil de chacune. Ces étapes se discutent au cas par cas avec votre gynécologue ou l'équipe de procréation médicalement assistée.

Jeune femme latina en tenue confortable, reposant sur un canapé sous une couverture douce

Le cadre a changé, mais les difficultés demeurent : depuis la loi de bioéthique de 2021, l'Agence de la biomédecine continue de documenter une pénurie de dons d'ovocytes en France !

Partir à l'étranger pour se faire transférer les ovocytes d'une donneuse ? Une tendance qui, aux yeux des spécialistes, n'est pas près de s'essouffler ! Aujourd'hui, l'âge moyen du premier enfant est sans cesse repoussé, et demain ? Les femmes veulent elles aussi une carrière et de belles années de « liberté » avant de se consacrer à la maternité. Mais elles ignorent parfois que plus le temps passe, plus les difficultés à concevoir s'immiscent dans les projets de vie : nouveau problème, nouvelle donne, un enfant à tout prix !

Et la France, quant à elle, modifiera-t-elle encore ses lois de bioéthique face à ce phénomène de société qu'est devenu le don d'ovocytes ?

Lorsqu'après plusieurs années d'essais le bébé tant attendu ne vient pas, et que la mauvaise nouvelle que l'on pressentait déjà tombe, on cherche la solution quelle qu'elle soit pour éprouver, à son tour, la joie de mettre au monde un bébé ! Ne pas parvenir à concevoir un enfant est vécu comme une injustice à laquelle il convient de remédier : dans notre société actuelle, la pression reste forte, et une femme est souvent renvoyée à l'idée qu'elle doit enfanter, comme si son accomplissement en dépendait… Les solutions sont limitées, on en a vite fait le tour : procréation médicalement assistée et stimulations hormonales déjà maintes fois tentées, ou don d'ovocytes, telles sont bien souvent les dernières portes ouvertes sur la maternité.

Budget

En France, la PMA avec don d'ovocytes est prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie pour les femmes qui remplissent les conditions, notamment d'âge (moins de 43 ans), dans les centres autorisés ; les délais d'attente restent le principal obstacle. Dans les cliniques étrangères — Espagne, Grèce, Belgique —, comptez de 3 000 à 10 000 euros par tentative, auxquels s'ajoutent les examens préalables, les déplacements et l'hébergement. Demandez toujours un devis détaillé et renseignez-vous sur le cadre légal du pays choisi avant de vous engager.

Sources

  • Loi n° 2021-1017 du 2 août 2021 relative à la bioéthique (Legifrance).
  • Agence de la biomédecine, rapports annuels d'activité de procréation médicalement assistée.
  • Ministère de la Santé et de la Prévention, dossier « Procréation médicalement assistée ».